
M. Gilles Routhier, conférencier

Un membre de l'Institut Paul VI en compagnie de M. Marc Pelchat

Un membre l'Institut Paul VI en compagnie de l'Archevêque

Participant en compagnie de Mgr Maurice Couture
|
Son intervention fût suivie par celle du président de l’Institut
Paul VI, Dott.
Giuseppe Camadini, qui a souligné combien il trouvait pertinent le thème
de ces journées d’étude
.
Faisant état des nombreuses réalisations de l’Institut et les 25 années
d’activités de ce centre d’étude sur la pensée du pape Paul VI,
il nous a rappelé en le citant que «La paix est le principe
de la nouvelle civilisation, elle est le fondement stable de notre société».
Comme
conférence inaugurale, M.
l’abbé Gilles Routhier, professeur à la Faculté de théologie et de
sciences religieuses, nous a brossé la genèse de la
mise en place de la Commission Justice et Paix
.
Hautement documenté, M.
Routhier nous a très bien fait saisir toute la complexité, la subtilité
des prises de position, et même les tensions qui ont eu cours, tant
dans la période conciliaire que dans la période post conciliaire,
avant d’en arriver à la mise en place de la Commission.
En effet, il nous a fait découvrir combien tous ces protagonistes
(cardinaux, théologiens, spécialistes), tout en étant animés de la même
conviction que l’Église se devait de prendre parti pour les pauvres
et travailler au développement des sociétés moins bien nanties, étaient
en même temps au prise avec de nombreuses considérations
organisationnelles concernant la mise en place de la structure qui
porterait, au nom de l’Église, cette préoccupation.
Ce
qui m’a le plus frappé à travers cet historique, c’est de découvrir
qu’au terme de cette « saga », l’humour et la dimension
parfois déconcertante de la providence ont eu une fois de plus gain de
cause. On peut facilement imaginer tout le lobbying, les discussions entre les différentes écoles de pensée,
les sensibilités différentes et les attentes face aux nominations de
candidats prestigieux qui ont cours lors de ces délibérations.
Contre toute attente, le pape Paul VI a mis alors sur pied un
comité provisoire présidé par le cardinal Maurice Roy, alors méconnu
de la galerie.
Comble de tout, cet homme d’une grande simplicité et d’une profonde
humilité, dans les faits, n’avait même pas pris part aux débats
conciliaires entourant cette question.
Néanmoins, dans sa grande sagesse, le pape Paul VI avait remarqué les
prises de positions très nuancées de notre ex-Archevêque dans des
questions très controversées et avait décelé son précieux charisme,
non flamboyant mais pourtant si efficace, de modérateur
.
Aussi,
les années qui suivirent, nous ont montré une fois de plus la justesse
et la délicatesse des voies de Dieu.
Maurice Roy, cet homme méconnu,
marquera en effet l’histoire par son apport à la cause de la justice
sociale, et sera un des principaux artisans du tournant que prendra l’Église
dans sa prise de position non équivoque en faveur des pauvres et dans
son implication en vue du développement d’une société plus juste et
plus humaine.
Le cardinal Roy, aura de plus, de par sa grande ouverture d’esprit et
sa foi profonde en une Église coresponsable, ouvert des portes et des
avenues prophétiques concernant la place du laïque dans l’Église.
C’est
donc dans cet esprit que ces journées d’étude se sont donné pour
objectif de démontrer combien Paul VI et Maurice Roy sont deux hommes
qui ont marqué l’itinéraire de l’Église dans sa prise de
conscience et son engagement en faveur de la Paix et la Justice.
|